Le mystère des 19h30
Six mois de dimanches, et Richard n’était jamais resté après 19h30. Ponctuel comme une horloge suisse. Chaque semaine, une excuse différente : un client à Singapour, un plombier attendu le soir, le voisin M. Mendez qui n’arrivait pas à ouvrir ses médicaments à cause de son arthrite…
Séparément, chaque raison semblait plausible. Ensemble, elles sonnaient faux.
Ma fille Chloé, 15 ans, l’avait surnommé « Cendrillon ». Et franchement, elle n’avait pas tort.
— Il fait ça pour de vrai, disait-elle en pliant les serviettes. Tous les dimanches, boum, 19h30, il file comme si la citrouille allait exploser.
Ce qui nous troublait encore plus : en six mois, ma mère n’avait jamais mis les pieds chez lui. Et Chloé l’avait vu, à deux reprises, tourner vers le sud après le dîner. Alors qu’il prétendait habiter vingt minutes au nord.
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