Après dix-sept ans de silence, le chemin du retour

Je m’étais fabriqué de bonnes raisons. Je me répétais que c’était la décision la plus sage, que je n’étais pas à la hauteur, que d’autres sauraient mieux gérer. On devient un brillant conteur d’histoires quand on cherche à esquiver la réalité.

La réalité, justement, était toute autre : j’ai manqué de bravoure. J’ai préféré le confort trompeur de l’absence au défi exigeant de rester.

Des années à jouer un rôle

Les saisons qui ont défilé ensuite se confondent dans un brouillard uniforme. Mon existence se résumait à un métro-boulot-dodo perpétuel, ponctué d’écrans lumineux et d’un sommeil de fuite. De l’extérieur, tout semblait parfaitement ordinaire. Pourtant, au fond de moi, je sentais ce vide, cette pièce manquante du puzzle de ma vie.

Je fuyais systématiquement les anniversaires, les quartiers évocateurs, les sujets de conversation qui risquaient de me ramener en arrière. Je refusais de contempler la vie parallèle que je n’avais pas choisie, les instants volés, les souvenirs qui n’avaient jamais vu le jour.

Le plus surprenant, c’est la manière dont on apprend à cohabiter avec ses remords. Ils se font discrets, comme en sourdine, mais leur présence est tenace, indélébile.

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