Les statines après 70 ans : un réel bénéfice pour le cœur, les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Selon l’équipe de Sophia Zoungas à l’Université Monash, qui a coordonné l’étude STAREE présentée au congrès ESC 2026 et publiée ultérieurement dans le New England Journal of Medicine, près de 10 000 Australiens âgés de 70 ans et plus ont été répartis aléatoirement en deux groupes : un groupe recevant 40 mg d’atorvastatine par jour et un groupe placebo. Tous les participants vivaient à domicile, n’avaient aucun antécédent d’infarctus ou d’AVC, ni de diabète ou de démence diagnostiquée, et n’avaient jamais pris de statines auparavant. Le suivi médian a duré environ 5,9 ans, le critère d’évaluation principal étant la survenue d’« événements cardiovasculaires graves » : décès d’origine cardiaque, infarctus non fatal, AVC ou intervention de revascularisation.
Dans ce cadre strictement contrôlé de prévention primaire chez les personnes âgées, l’atorvastatine tient ses promesses en matière de protection cardiovasculaire. Des événements indésirables graves ont touché 6,0 % des participants du groupe statine, contre 8,3 % dans le groupe placebo, soit 297 personnes contre 412. Statistiquement, cela correspond à une réduction relative d’environ 30 % (risque relatif : 0,70 ; intervalle de confiance : 0,61–0,82 ; p < 0,001). Autrement dit, le risque absolu diminue d’environ 2,3 points de pourcentage sur une période de six ans. Les analyses indiquent un nombre de sujets à traiter (NST) d’environ 40 : quarante personnes âgées, comparables à celles de l’étude STAREE, prenant cette dose pendant six ans, sont donc nécessaires pour prévenir un événement indésirable cardiovasculaire grave.
Les statines après 70 ans : cette vaste étude révèle si elles contribuent réellement à prolonger la vie.
Durée de vie, démence, perte d’autonomie : l’effet des statines reste incertain.
L’étude STAREE s’est également intéressée à la question suivante : « La fonction cardiaque s’améliore-t-elle ? » ou encore « La personne vit-elle plus longtemps et conserve-t-elle son autonomie ? ». Pour y répondre, les chercheurs ont défini un critère général de « survie sans limitations » combinant trois événements critiques : le décès toutes causes confondues, l’apparition d’une démence et les limitations physiques permanentes entravant les activités quotidiennes. Selon ce critère, 12,8 % des participants sous atorvastatine ont présenté l’un de ces événements au cours du suivi, contre 13,6 % dans le groupe placebo (637 personnes contre 676), avec un rapport de risque de 0,94 et une valeur p non significative.
Autrement dit, bien que les statines aient clairement réduit le nombre d’infarctus et d’AVC, ce bénéfice ne s’est pas traduit par une différence significative en termes d’années de vie ou d’années sans incapacité au cours de l’étude. Une explication possible réside dans les « risques concurrents » habituels après 70 ans : près de 80 % des décès survenus dans l’étude STAREE n’étaient pas d’origine cardiovasculaire, mais liés à un cancer, à des maladies neurodégénératives, à des chutes ou à d’autres affections. Face à la multitude de causes pouvant raccourcir l’espérance de vie ou limiter l’autonomie, la simple prise en charge du cholestérol ne suffit pas nécessairement à influer sur l’espérance de vie globale.
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